Chere Lolita…

Chere Lolita…

Chère Lolita,

La nuit dernière j’ai rêvé de toi. On était tous les deux quelque part probablement en Italie, dans un village aux façades colorés. C’était à la mer et je venais te chercher au quai avec une petite barque. T’avais mis une de ces robes que dans nos blagues de gamins stupides on appelle lolitaesques, qui s’envolait parfois à cause d’un coup de vent soudain. Je ramais et t’étais assise en face de moi, te protégeant les yeux de la lumière du soleil avec la main. Tu me disais que t’aurais voulu en cadeau un chapeau de paille a l’occasion de ton anniversaire tandis que moi, je m’acharnais sur les rames. On tournait autour d’une pointe et on arrivait finalement à une baie tranquille ou je jetais l’ancre que j’avais trouvée au fond de la barque.

A ce point de mon rêve, j’enlevais ma chemise pour sentir les caresses brûlantes du soleil sur ma peau bronzée et tu sortais de ton sac une grosse pomme rouge. Tu me regardais droit dans les yeux pendant que t’enfonçais tes dents dans le fruit juteux. Tu mangeais avec avidité, tout en continuant à passer ton regard indiscret sur mon corps.

Apres la baignade on revenait au village, on abandonnait la barque et on s’acheminait sur les étroites ruelles qui grimpaient vers la citadelle située au sommet d’une colline surplombante le village. Sur le chemin du retour une petite dispute éclatait entre nous sur le chemin à suivre pour revenir au port. On se séparait et chacun de nous suivais sa route.

Arrivé en bas je me disposais à t’attendre, je m’asseyais sur la digue et je prenais un air dérangé. Je ne sais pas combien de temps j’ai attendu ainsi, mais au fur et à mesure que les minutes défilaient, j’ai été saisi par la peur qu’il ne s’agisse que d’une illusion, que tu ne sois qu’une image crée par mon imagination. Au bout de mon attente j’étais envahi par une sensation de vide et, en regardant loin dans l’espoir de te voir apparaître dans la foule des touristes, j’étais désormais convaincu que tu n’avais jamais existé. Je me disais que ça ne pouvait pas être autrement et, les larmes aux yeux, je me préparais à partir, à revenir à la réalité.

j’étais envahi par une sensation de vide et en regardant loin dans l’espoir de te voir apparaître dans la foule des touristes, j’étais désormais convaincu que tu n’avais jamais existé

Et ça fut à ce moment que je t’ai vue marcher vers moi. Finalement t’arrivais en face de moi et les larmes n’étaient plus qu’un souvenir assez vague. Tu me caressais la joue et t’affichais une petite grimace capricieuse. Finalement t’approchais ta bouche à mon oreille et tu me soufflais : « Chéri, j’ai encore envie d’une pomme ».


Remerciements

Pour les illustrations, je souhaite remercier :


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